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Sujet : Le petit lexique de l'obscur parler franco-musulman

  1. #61
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    As salamou 3aleykoum

    Citation Envoyé par Oumm Ayyoub Voir le message
    Je ne crois pas que ces deux expressions aient été citées : "faire nassiha à qlqun" et dans le même registre "faire da'wa".
    Ces expressions ne sont pas à proprement parler des expressions franco-musulmanes, mais plutôt du franco-arabe très maladroit. Le franco-musulman est fait de mots et d'expressions qui se veulent être purement françaises mais qui le sont peu ou pas du tout ("faire les causes, "fraîcheur des yeux", "Allah est infiniment capable de tout", "faire le Ramadan"...), alors que le franco-arabe est un mélange, souvent inutile et moche, de français avec des mots d'arabes issus du lexique religieux : "kaffar le 7akim", "c'est bid3a", "faire da3wa", etc. Le franco-arabe n'a donc pas sa place dans le petit lexique de l'obscur parler franco-musulman. Le franco-arabe fabrique des expressions moches et bâtardes parce qu'elles ne sont ni arabes ni françaises. Ces expressions relèvent donc plus d'une faute de goût que d'une faute de syntaxe. Ca n'empêche pas le franco-arabe d'être parfois syntaxiquement faux. "Faire naçi7a" en est un bon exemple puisque "conseil" ("naçi7a") ne s'utilise pas avec le verbe "faire" mais avec les verbes "porter" ou "donner (un)". Quant à "faire da3wa", ça passe déjà mieux puisqu'on utilise bien le verbe "faire" avec les équivalents français de "da3wa" qui sont "prêche" (dans le cas où le discours est adressé à des musulmans), "rappel" (pour faire revenir en tête certaines informations) et "prosélytisme" (quand le discours vise à islamiser des polythéistes).
    D'un autre côté, il existe des situations où le franco-arabe est acceptable voire souhaitable. C'est le cas lorsque quand le mot arabe utilisé n'a pas d'équivalent exacts en français comme pour les mots "Taghout", "çala", "imane", "chirk". Ainsi, en fonction des situations, on devra parler de "chirk" plutôt que de "polythéisme".

    Dans l'idéal, il nous faudrait ouvrir un autre dictionnaire qu'on appellerait "le petit lexique de l'obscur franco-arabe utilisé dans un contexte musulman" et qui comporterait une traduction dans la langue de Voltaire des expressions franco-arabes les plus répandues.

  2. #62
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    As salamou 3aleykoum

    Ça faisait longtemps qu'on ne s'est pas marré, hein ? Ben j'en tiens une bonne à vous communiquer : "le poids d'un atome de moutarde".
    Désigne dans l'obscur parler franco-musulman ce qui symbolise la plus petite quantité de foi mesurable pouvant être contenue dans le cœur d'une créature. Dans une description de la fin des temps, Mohammed (saws) en parle en ces termes : "Allah enverra un vent doux qui donnera la mort a tous ceux qui ont dans le cœur le poids d'un atome de moutarde de foi. Il ne restera alors que ceux en qui il n'y a aucun bien qui retourneront à la religion de leurs pères". Allah utilise cette image au verset 47 de la sourate 21 : "Au Jour de la Résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fût-ce du poids d'un atome de moutarde".
    L'erreur de traduction est si grossière qu'elle doit vraisemblablement provenir d'une faute d'inattention. On a en effet du mal à s'imaginer que des gens puissent concevoir des atomes de moutarde. Oh quoique... Si certains sont capable de "casser le ramadan" ou de "porter la Sunna", rien ne les empêcherait de voir de la moutarde en suspension dans l'air. Spontanément, si on me demandait quels sont les atomes que je connais, je citerais le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et compagnie, mais certainement pas la moutarde, ni la mayonnaise, ni le ketchup. A la base, la moutarde est une plante qui donne des graines à partir desquels on fabrique la célèbre moutarde en pot. Si Allah a choisi de parler de la graine de cette plante, c'est parce qu'elle est toute petite, un millimètre de diamètre environ, et que par cette petitesse, elle symbolise la perfection de la justice divine dans l'évaluation et la rétribution de la foi.
    La plante moutarde : http://www.google.fr/imgres?q=moutar...12,s:146,i:248
    Les graines de moutarde : http://www.google.fr/imgres?q=graine...,r:6,s:0,i:115
    Le condiment moutarde : http://www.google.fr/imgres?q=moutar...:12,s:38,i:109
    C'est là qu'on se rend compte qu'en plus de sécher les cours de français, le franco-musulman séchait les cours de physique et de biologie.
    Correction : "le poids d'une graine de moutarde".

  3. #63
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    Assalam Aleykoum Wa Rahmatoullahi Wa Barakatouh,


    baraka'llahou fik, ça c'est sûr, je me suis bien marrée en lisant ton explication sur l'atome de moutarde,
    il y a deux expressions auxquelles je pense, là,
    c'est "allez, tu fais souna" quand on dit à une personne de terminer le plat, parce que avant , quand on s'était lavé les mains , quand on avait dit "bismillah" et quand on avait mangé de la main droite..... ben on faisait pas encore sunna ...
    encore une image du musulman avide qui mange comme 4 pour "gagner des hassanates" par ce moyen, bravo, tiens d'ailleurs cette formule n'est pas très jolie non plus "gagner des hassanates" ça vous fait quoi?

    et l'autre, c'en est une que je ne supporte pas , ce sont ces femmes qui revendiquent le voile en disant " c'est pour cacher ma pudeur"
    ????
    je cache mes formes, mes cheveux, mes yeux, ma beauté même, le cas échéant mais ma pudeur?

    comment cache-t-on sa pudeur d'ailleurs?


    je pense que cette maladresse vient de l'emploi du terme arabe "awra" qui signifie les parties intimes par extention on dit "parties pudiques" qui est aussi une grosse maladresse et puis on a glissé vers pudeur..

    donc correction il faut dire "je me voile par pudeur"
    et allah est plus savant
    Dernière édition par AmatAlJalil; 29/06/2012 à 17h34

  4. #64
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    As salamou 3aleykoum

    Citation Envoyé par AmatAlJalil Voir le message
    baraka'llahou fik, ça c'est sûr, je me suis bien marrée en lisant ton explication sur l'atome de moutarde,
    C'est le seul fil de tout le forum où l'on peut se payer une tranche de rigolade. Lâchons-nous.

    Citation Envoyé par AmatAlJalil Voir le message
    il y a deux expressions auxquelles je pense, là,
    c'est "allez, tu fais souna" quand on dit à une personne de terminer le plat, parce que avant , quand on s'était lavé les mains , quand on avait dit "bismillah" et quand on avait mangé de la main droite..... ben on faisait pas encore sunna ...
    Je ne l'a connaissais pas. En questionnant oncle Google avec la requête "faire sunna", on obtient 662 réponses montrant que cette expression s'utilise des domaines où il est question de mettre en pratique une tradition religieuse méconnue : la sunna de l'accouchement, la sunna du manger, la sunna de la rupture du jeûne... Effectivement, cette expression est franco-musulmane et non française puisque "sunna" veut dire en arabe "tradition", et qu'en français une tradition ne peut pas être "faite". On dit d'une tradition qu'elle est "pratiquée" ou "mise en pratique". On devrait donc dire "pratiquer la tradition + nom du domaine" (nourriture,accouchement, rupture du jeûne, etc.).
    Juste une remarque : celui qui épingle un mot ou une expression franco-musulmane doit la corriger lui-même. On recense puis on corrige.

    Citation Envoyé par AmatAlJalil Voir le message
    encore une image du musulman avide qui mange comme 4 pour "gagner des hassanates" par ce moyen, bravo, tiens d'ailleurs cette formule n'est pas très jolie non plus "gagner des hassanates" ça vous fait quoi?
    Je m'interrogeais aussi sur la francité de cette expression. Je suis sûr à 99% que le mot "7assanet" dérive de "7assan" qui veut dire bon, donc que "7assanet" signifie "bonnes actions" ou "bonnes œuvres". Étant donné qu'on ne peut pas "gagner des bonnes actions" mais seulement les accomplir, je dirais que "gagner des 7açanet" sent l'expression franco-musulmane à plein nez. En effet, ceux qui traduisent "gagner des 7acanet" par "gagner des bonnes actions" disent sans le savoir qu'il faut faire des bonnes actions ("7assanet") pour gagner... des bonnes actions ("7açanet"). C'est le serpent qui se mord la queue. Dans la vraie vie, on accomplit des bonnes actions pour gagner des récompenses ; donc quoi que veuille dire le mot "7assanet" en arabe, le sens voulu par "gagner des 7assanet" est celui de "gagner des récompenses". Si un arabophone d'un bon niveau passe par là, qu'il nous confirme le sens de ce mot.

    Citation Envoyé par AmatAlJalil Voir le message
    et l'autre, c'en est une que je ne supporte pas , ce sont ces femmes qui revendiquent le voile en disant " c'est pour cacher ma pudeur"
    ????
    je cache mes formes, mes cheveux, mes yeux, ma beauté même, le cas échéant mais ma pudeur?

    comment cache-t-on sa pudeur d'ailleurs?


    je pense que cette maladresse vient de l'emploi du terme arabe "awra" qui signifie les parties intimes par extention on dit "parties pudiques" qui est aussi une grosse maladresse et puis on a glissé vers pudeur..

    donc correction il faut dire "je me voile par pudeur"
    et allah est plus savant
    Vous avez raison pour l'absurdité de l'expression "cacher sa pudeur" ; vous avez raison pour l'absurdité de l'expression "parties pudiques" ; mais je ne suis pas d'accord avec votre traduction de "3awra" par "parties honteuses". J'y reviendrai, incha'Allah.

  5. #65
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    As salamou 3aleykoum

    "Faire la sunna" entre dans le dico. "Parties pudiques" et "cacher sa pudeur" sont intégrées au petit lexique bien que les trois premières pages de résultats de google pour la requête "partie pudique" (sans guillemets) ne montrent pas d'emploi de cette expression à l'écrit dans l'internet musulman francophone. Personnellement, je ne l'ai ni lue ni entendue. Mais puisque je n'ai cherché que dans les trois premières pages et que vous dites que cette expression est utilisée à l'oral, je vous fais confiance.

    Éloignez les enfants : traduire "3awra" par "parties honteuses" serait trompeur et troublant pour un non-musulman parce que lui ne désigne par là qu'une certaine zone du corps. Si on disait à un homme européen se promenant sur une plage en étant vêtu d'un simple maillot de bain qu'il devrait couvrir ses parties honteuses, il vous répondrait qu'elles sont déjà couvertes par son p'tit slibard ridicule. Et il n'aurait pas tort si on s'en réfère strictement à ce qui est entendu par "parties honteuses" dans la langue de Molière. Rappelons-nous que l'objectif du petit lexique est de produire un français compréhensible de tous et de coller au plus près du sens arabo-musulman. Or ce qui est désigné en arabe par "3awra" couvre bien plus que la surface d'une culotte. Pour un homme, il s'agit de la partie de son corps qui va de son nombril à son genou. Quant à la 3awra de la femme, elle est encore plus vaste que pour l'homme, donc encore moins synonyme de "parties honteuses". Que les partisans de l'obligation du voile intégral aillent donc expliquer à une musulmane européenne fraichement convertie que son visage, voire ses mains, sont des parties honteuses...
    Maintenant comment traduire "3awra" en français ? Primo, on est certain qu'aucun mot en français n'en restitue le sens arabo-musulman. Dans ce cas, est-ce qu'on pourrait le traduire par un mot qui s'en rapproche sans y coller parfaitement ? Même vaguement, je ne vois aucun mot ni aucune expression française qui pourrait correspondre. Comme vu plus haut, "parties honteuses" ne fait pas l'affaire, et "parties pudiques" encore moins. Du reste, cette notion de 3awra est trop importante en Islam pour qu'on se permette d'en parler imparfaitement. C'est pour cette raison que je ne traduis pas "çala" par "prière". Troisième possibilité : traduire "3awra" par une périphrase explicative qui serait forcément longue. On pourrait alors parler de "parties du corps, différentes selon le genre, que l'on doit dissimuler sous un vêtement non transparent et non moulant". Trop long, trop prise de tête. La seule solution qui nous reste est celle de ne pas traduire "3awra" et de laisser ce mot en arabe dans le texte. On pourrait toutefois y accoler un astérisque renvoyant vers une note de bas de page où l'on expliquerait ce que ce mot signifie en Islam.
    Dernière édition par Pseudonym; 16/07/2012 à 00h57

  6. #66
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    Citation Envoyé par Pseudonym Voir le message
    As salamou 3aleykoum

    "Faire la sunna" entre dans le dico. "Parties pudiques" et "cacher sa pudeur" sont intégrées au petit lexique bien que les trois premières pages de résultats de google pour la requête "partie pudique" (sans guillemets) ne montrent pas d'emploi de cette expression à l'écrit dans l'internet musulman francophone. Personnellement, je ne l'ai ni lue ni entendue. Mais puisque je n'ai cherché que dans les trois premières pages et que vous dites que cette expression est utilisée à l'oral, je vous fais confiance.

    Éloignez les enfants : traduire "3awra" par "parties honteuses" serait trompeur et troublant pour un non-musulman parce que lui ne désigne par là qu'une certaine zone du corps. Si on disait à un homme européen se promenant sur une plage en étant vêtu d'un simple maillot de bain qu'il devrait couvrir ses parties honteuses, il vous répondrait qu'elles sont déjà couvertes par son p'tit slibard ridicule. Et il n'aurait pas tort si on s'en réfère strictement à ce qui est entendu par "parties honteuses" dans la langue de Molière. Rappelons-nous que l'objectif du petit lexique est de produire un français compréhensible de tous et de coller au plus près du sens arabo-musulman. Or ce qui est désigné en arabe par "3awra" couvre bien plus que la surface d'une culotte. Pour un homme, il s'agit de la partie de son corps qui va de son nombril à son genou. Quant à la 3awra de la femme, elle est encore plus vaste que pour l'homme, donc encore moins synonyme de "parties honteuses". Que les partisans de l'obligation du voile intégral aillent donc expliquer à une musulmane européenne fraichement convertie que son visage, voire ses mains, sont des parties honteuses...
    Maintenant comment traduire "3awra" en français ? Primo, on est certain qu'aucun mot en français n'en restitue le sens arabo-musulman. Dans ce cas, est-ce qu'on pourrait le traduire par un mot qui s'en rapproche sans y coller parfaitement ? Même vaguement, je ne vois aucun mot ni aucune expression française qui pourrait correspondre. Comme vu plus haut, "parties honteuses" ne fait pas l'affaire, et "parties pudiques" encore moins. Du reste, cette notion de 3awra est trop importante en Islam pour qu'on se permette d'en parler imparfaitement. C'est pour cette raison que je ne traduis pas "çala" par "prière". Troisième possibilité : traduire "3awra" par une périphrase explicative qui serait forcément longue. On pourrait alors parler de "parties du corps, différentes selon le genre, que l'on doit dissimuler sous un vêtement non transparent et non moulant". Trop long, trop prise de tête. La seule solution qui nous reste est celle de ne pas traduire "3awra" et de laisser ce mot en arabe dans le texte. On pourrait toutefois y accoler un astérisque renvoyant vers une note de bas de page où l'on expliquerait ce que ce mot signifie en Islam.

    السلام عليكم ورحمة الله وبركاته




    Si on se contente de mettre un astérisque à chaque fois que l'on rencontre un terme islamique qui ne connaît pas d'équivalent en français, nous aurions des astérisques partout ! 'awra traduit par parties honteuses peut faire l'affaire dans la mesure où la notion de honte/pudeur varie selon l'individu : chez le français moyen que vous avez décrit elle sera différente d'un autre français un peu plus "conservateur", et différente du musulman lambda.

    Le lexique du parler franco-musulman peut facilement être compris, mais à condition que les notions/concepts islamiques soient clairement exposés.




    و السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

    سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك
    ___________________________________
    "Nous sommes un peuple qu'Allah a honoré par l'Islam
    et si nous recherchons l'honneur dans autre chose que ça, Allah nous humiliera." 'Umar ibnou Al-Khattab

    قيل لأحد المشايخ : إن الرافضة لايدخلون المسجد النبوي مع باب عمر؟ ⁰قال ( رضي الله عنك ياعمر تفر منك الشياطين حيا وميتا


  7. #67
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    assalamou alaikoum,
    Citation Envoyé par Malik_1985 Voir le message
    Si on se contente de mettre un astérisque à chaque fois que l'on rencontre un terme islamique qui ne connaît pas d'équivalent en français, nous aurions des astérisques partout ! 'awra traduit par parties honteuses peut faire l'affaire dans la mesure où la notion de honte/pudeur varie selon l'individu : chez le français moyen que vous avez décrit elle sera différente d'un autre français un peu plus "conservateur", et différente du musulman lambda. Le lexique du parler franco-musulman peut facilement être compris, mais à condition que les notions/concepts islamiques soient clairement exposés.
    Je ramène ma fraise pour protester. La honte* en français est liée à la culpabilité, l'humiliation. C'est le sentiment du pécheur qui réalise l'ampleur de sa faute ou d'un voleur dont les larcins sont étalés au grand jour. Chez certains chrétiens étroits d'esprit, les désirs charnels représentent un avilissement, une imperfection, un frein à l'élan spirituel. Les prêtres, moines et moniales se vouent à une vie de célibat, de pauvreté et d'isolement en pensant mieux honorer Dieu ainsi. Ce n'est pas ainsi qu'a vécu le Prophète, qui se mêlait aux gens, manifestait ses préférences culinaires et appréciait la compagnie de ses épouses. Les parties intimes en islam ne sont pas liées à la culpabilité en elles-mêmes et Dieu ne blâme pas les époux de s'admirer et de se plaire mutuellement. En revanche, si elles ne sont pas "honteuses", ces parties sont réservées au conjoint. Le Prophète a interdit qu'on en fasse étalage, y compris en évoquant les secrets de la chambre conjugale (le concept ne renvoie pas seulement à la vision, mais aussi aux mots). Il ne s'agit pas de culpabilité ou d'avilissement mais plutôt de décence, de vie privée, de domaine protégé. Je pense d'ailleurs à titre personnel qu'il s'agit bel et bien de protéger les individus et le couple (fondement de la société) de certaines intentions malveillantes. Voilà, c'est tout. * http://www.cnrtl.fr/definition/honte PS : désolée de cette mise en page, ça n'apparaissait pas sous forme de gros pâté quand je l'ai rédigé et je ne parviens pas à aérer.

  8. #68
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    Citation Envoyé par Chocolat Voir le message
    assalamou alaikoum, Je ramène ma fraise pour protester. La honte* en français est liée à la culpabilité, l'humiliation. C'est le sentiment du pécheur qui réalise l'ampleur de sa faute ou d'un voleur dont les larcins sont étalés au grand jour. Chez certains chrétiens étroits d'esprit, les désirs charnels représentent un avilissement, une imperfection, un frein à l'élan spirituel. Les prêtres, moines et moniales se vouent à une vie de célibat, de pauvreté et d'isolement en pensant mieux honorer Dieu ainsi. Ce n'est pas ainsi qu'a vécu le Prophète, qui se mêlait aux gens, manifestait ses préférences culinaires et appréciait la compagnie de ses épouses. Les parties intimes en islam ne sont pas liées à la culpabilité en elles-mêmes et Dieu ne blâme pas les époux de s'admirer et de se plaire mutuellement. En revanche, si elles ne sont pas "honteuses", ces parties sont réservées au conjoint. Le Prophète a interdit qu'on en fasse étalage, y compris en évoquant les secrets de la chambre conjugale (le concept ne renvoie pas seulement à la vision, mais aussi aux mots). Il ne s'agit pas de culpabilité ou d'avilissement mais plutôt de décence, de vie privée, de domaine protégé. Je pense d'ailleurs à titre personnel qu'il s'agit bel et bien de protéger les individus et le couple (fondement de la société) de certaines intentions malveillantes. Voilà, c'est tout. * http://www.cnrtl.fr/definition/honte PS : désolée de cette mise en page, ça n'apparaissait pas sous forme de gros pâté quand je l'ai rédigé et je ne parviens pas à aérer.
    Wa 'alaykum salam warahmatu Llahi,

    Vu sous cet angle, j'avoue que la notion de honte n'est pas du tout appropriée !
    سبحانك اللهم و بحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك و أتوب إليك
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    "Nous sommes un peuple qu'Allah a honoré par l'Islam
    et si nous recherchons l'honneur dans autre chose que ça, Allah nous humiliera." 'Umar ibnou Al-Khattab

    قيل لأحد المشايخ : إن الرافضة لايدخلون المسجد النبوي مع باب عمر؟ ⁰قال ( رضي الله عنك ياعمر تفر منك الشياطين حيا وميتا


  9. #69
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    As salamou 3aleykoum

    Nouvelle entrée de saison pour corriger un oubli : "manger le ramadan"
    Désigne dans l'obscur parler franco-musulman le fait de rompre intentionnellement le jeûne de ce mois avant l'heure légale de rupture.
    Propositions de correction : "rompre volontairement le jeûne (de Ramadhane) avant son heure", "invalider volontairement sa journée de jeûne".

    Pour rester de saison : que veut dire "laïlatou lqadr" ? Le destin, c'est "el qadar" avec le "a" qui fait toute la différence, alors qu'"el qadr" veut dire "mérite", "grandeur", "prestige". "El qadr" désigne effectivement la grandeur, mais on peut aussi parler de cette nuit comme étant la nuit (pendant laquelle est décrété le) destin puisque c'est pendant sa période qu'est "décidé tout ordre sage" (s44, v4). On pourrait synthétiser en disant que cette nuit particulière est la nuit du destin dans l'une de ses définitions acceptées, mais que l'expression "laïlatou lqadr" signifie strictement "nuit de grande valeur" en français. En fait, "laïlarou lqadr" est aussi "laïlatou lqadar". Qu'est-ce que vous en dites ?

  10. #70
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    As salamou 3aleykoum

    Nouvelle entrée : "suivre les défauts".
    Avant que ne soit donnée sa signification en français, essayez de la deviner. Pour ça, mettez-vous un instant dans la peau d'un franco-musulman et réfléchissez à ce qu'il aurait voulu dire par "(Wesh), tu suis les défauts de ton frère, (t'as vu).". Pour indice, cette expression vient de ce 7adith ainsi (mal) traduit : "Ô vous qui avez cru avec vos langues alors que la foi n'a pas pénétré votre cœur, ne portez pas atteinte aux musulmans et ne suivez pas leur défauts, car celui qui suit les défauts de son frère musulman, Allah suivra les siens, et celui dont Allah suit ses défauts, Il lui dévoilera, même ce qu''il a commis chez lui en étant seul caché des gens. ".

    Même en remettant cette expression dans le contexte du 7adith d'où elle est tirée et malgré la facilité à se glisser dans la peau d'un ancien zy'va ré-islamisé pour piger ce qu'il raconte, je n'ai pas réussi pas à comprendre exactement la signification de "suivre les défauts". Dans le contexte du 7adith, on hésite entre interpréter ça comme désignant la traque des failles d'une personne pour les dévoiler aux autres et la traque des failles d'une personne dans le seul but de s'en réjouir intérieurement. L'explication de ce 7adith par les savants nous permet de trancher. La réponse est que dans l'obscur parler franco-musulman cette expression signifie scruter quelqu'un dans le but de connaître ses défauts et les dévoiler aux autres. Non seulement cette expression est ambigüe dans son contexte musulman, mais en plus elle existe déjà en français dans un sens bien différent. En effet, "suivre les défauts" signifie observer l'évolution de tares pour les corriger dans le cadre d'un suivi médical pour un humain ou dans le cadre d'une maintenance industrielle pour une machine. Par exemple, suivre un défaut d'audition signifie en faire des contrôles réguliers et adapter le traitement de ce défaut en fonction de son évolution. "Suivre les défauts" d'une personne en français signifie les observer pour les traiter, alors qu'en franco-musulman, ça signifie les observer pour les dévoiler. Autrement dit, celui qui "suit vos défauts" à la sauce "musulmane" vous veut du mal, tandis que celui qui les suit "à la française" vous veut du bien. Linguistiquement, les franco-musulmans, ça ose tout ; c'est même à ça qu'on les reconnait.

    Je soupçonne cet énième barbarisme d'être encore dû à une traduction littérale d'une expression arabe imagée. Du haut de mes connaissances maigrelettes en arabe, je suppose que le 7adith doit commencer par "men taba3a 3ouyoub akhihi...". Est-ce que quelqu'un peut nous donner la version arabe du 7adith pour qu'on puisse le vérifier ?

  11. #71
    Membre habitué Avatar de Abou anfel
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    Citation Envoyé par Pseudonym Voir le message
    As salamou 3aleykoum
    Je soupçonne cet énième barbarisme d'être encore dû à une traduction littérale d'une expression arabe imagée. Du haut de mes connaissances maigrelettes en arabe, je suppose que le 7adith doit commencer par "men taba3a 3ouyoub akhihi...". Est-ce que quelqu'un peut nous donner la version arabe du 7adith pour qu'on puisse le vérifier ?
    Assalamu 'alaykum

    Dans le hadith cité le mot exact utilisé n'est pas al 'ouyoub (les défauts) mais al 'awra :

    روى البراء بن عازب – رضي الله عنه – بإسناد جيد أن النبي صلى الله عليه وسلم قال : ( يا معشر من آمن بلسانه لا تغتابوا المسلمين ولا تتبعوا عوراتهم ، فإن من تتبع عورة أخيه تتبع الله عورته ، ومن يتبع الله عورته يفضحه في جوف بيته ). رواه أبو داود وأبو يعلى
    suivre la 'awra de son frère est fouiner dans ses défaillements ou intimité ou ses petits péchés ou encore suivre ses fautes et oublier les siens et Allahu a'lam


    wassalam
    Et c'est à Allâh Seul que l'on implore le secours

    Ya Allah pardonne à ma noble mère et fait lui miséricorde ,élargit lui sa tombe et illumine là et permet lui d'avoir une vision à la protée de vue amine amine et amine .

  12. #72
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    Es selèmou 3aleykoum

    Citation Envoyé par Abou anfel Voir le message
    suivre la 'awra de son frère est fouiner dans ses défaillements ou intimité ou ses petits péchés ou encore suivre ses fautes et oublier les siens et Allahu a'lam
    Oui, mais avec ou sans intention de rapporter aux autres les défauts découverts ?

    Pour l'anecdote, tous les barbarismes que je lis ou que j’entends sont répertoriés sur mon téléphone portable ou sur une feuille au fur et à mesure que je les découvre. Comme ça, je ne les oublie pas. Sur mon portable, sans compter ceux que j'ai noté sur papier, j'en ai listé pas moins de 27 ! Quand je dis 27, je ne compte évidemment pas ceux que l'on a déjà vus ensemble. De façon très prévisible, ils sont quasi-systématiquement issus d'une traduction littérale de l'arabe vers le français. Le barbarisme qui suit en est un exemple, un triste exemple.

    Nouvelle entrée : "le retourneur des cœurs"
    Cette expression se veut la traduction de "mouqalib el qouloub" tirée de l'invocation suivante : "Allahouma ya mouqalib el qouloub thabit qouloubana 3ala dinik". Cette invocation est ainsi traduite par certains de nos amis franco-musulmans : "Allahouma Ô retourneur des cœurs, stabilise nos cœurs sur l'Islam".
    "Mouqalib el qouloub" se traduit correctement par "celui qui bouleverse les sentiments et les convictions des cœurs" ; autrement dit celui qui bouleverse la personnalité, le caractère, les pensées et les certitudes de toutes ses créatures avec pour résultat de les transformer en personnes radicalement différentes. Or "retourneur des coeurs" en vrai français n'a pas du tout cette signification-là. Quand je raconte avoir vu quelque chose qui m'a retourné le cœur, je dis simplement que la scène était tellement dégoûtante que j'ai eu envie de vomir. Le "retourneur des cœurs", c'est le soldat israélien qui déchiquète les membres des Palestiniens à coup de bombes, ou un morceau de viande envahi par des vers, mais certainement pas Allah !

  13. #73
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    Es selèmou 3aleykoum

    Oui, mais avec ou sans intention de rapporter aux autres les défauts découverts ?
    Assalamu 'alayykum

    rapporter aux autres relèverait de la ghayba et donc je suppose que c'est sans intention de rapporter mais juste par envie d'espionner wAllahu a'lam .
    Et c'est à Allâh Seul que l'on implore le secours

    Ya Allah pardonne à ma noble mère et fait lui miséricorde ,élargit lui sa tombe et illumine là et permet lui d'avoir une vision à la protée de vue amine amine et amine .

  14. #74
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    Es selèmou 3leykoum

    Nouvelle entrée : "une moralité imminente"

    Au verset 4 de la sourate 48, Allah dit de Mohammed (saws) "wa innaka la3ala khoulouqine adhim", et nos piètres traducteurs franco-musulmans le rendent par "Et tu es certes d'une moralité imminente.". Que veut dire "imminent" en français ? Ça veut dire "qui ne va pas tarder à arriver" en parlant le plus souvent d'un risque qui nous menace. "Danger de mort imminente" = sauve-toi vite. Quand Allah parlait de "khoulouqine 3adhim", il vantait son messager (saws) en disant de lui qu'il était d'un caractère hautement noble, qu'il était très vertueux, pour démentir ceux qui le qualifiaient de fou. Or cette traduction "française" ne restitue pas du tout ce sens-là. En fait, "moralité imminente" ne veut strictement rien dire dans la langue de Molière. S'imaginer une moralité qui puisse être imminente et utiliser cette absurdité dans une traduction courante et grand public du Coran, ce n'est pas simplement être risible, c'est nous couvrir de honte.

    Avec leur religion sans épluchures, leur atomes de moutarde de foi, leur sunna qui se porte, leurs causes qui se font, leur ramadan qui se casse et se mange, leurs fraîcheur des yeux, les franco-musulmans vont nous rendre fou. Nous faire mourir de rire, nous faire mourir de honte, nous rendre fous. Parce que des absurdités de ce genre, j'en ai encore d'autres.

  15. #75
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    Assalâmu 'alaykum wa rahmatullah wa barakatuh

    Citation Envoyé par Pseudonym Voir le message
    Es selèmou 3leykoum

    Nouvelle entrée : "une moralité imminente"

    Au verset 4 de la sourate 48, Allah dit de Mohammed (saws) "wa innaka la3ala khoulouqine adhim", et nos piètres traducteurs franco-musulmans le rendent par "Et tu es certes d'une moralité imminente.". Que veut dire "imminent" en français ? Ça veut dire "qui ne va pas tarder à arriver" en parlant le plus souvent d'un risque qui nous menace. "Danger de mort imminente" = sauve-toi vite. Quand Allah parlait de "khoulouqine 3adhim", il vantait son messager (saws) en disant de lui qu'il était d'un caractère hautement noble, qu'il était très vertueux, pour démentir ceux qui le qualifiaient de fou. Or cette traduction "française" ne restitue pas du tout ce sens-là. En fait, "moralité imminente" ne veut strictement rien dire dans la langue de Molière. S'imaginer une moralité qui puisse être imminente et utiliser cette absurdité dans une traduction courante et grand public du Coran, ce n'est pas simplement être risible, c'est nous couvrir de honte.
    Je l'avais également relevé mais je pense qu'en fait il s'agit d'une méprise grave entre imminent et éminent (= Qui est au-dessus du niveau commun ; qui se distingue par sa supériorité, ses qualités), qu'en penses-tu ?

    De même, très souvent il y a méprise entre "infliger" et "affliger".

  16. #76
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    Citation Envoyé par Fatoum Voir le message
    Assalâmu 'alaykum wa rahmatullah wa barakatuh



    Je l'avais également relevé mais je pense qu'en fait il s'agit d'une méprise grave entre imminent et éminent (= Qui est au-dessus du niveau commun ; qui se distingue par sa supériorité, ses qualités), qu'en penses-tu ?

    De même, très souvent il y a méprise entre "infliger" et "affliger".
    Assalamu 'alaykum

    effectivement la traduction de hamiduallah du veset 4 sourate 68 est :

    Et tu es certes, d'une moralité éminente. (4)
    Et c'est à Allâh Seul que l'on implore le secours

    Ya Allah pardonne à ma noble mère et fait lui miséricorde ,élargit lui sa tombe et illumine là et permet lui d'avoir une vision à la protée de vue amine amine et amine .

  17. #77
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    assalam,

    Ca fait longtemps, n'est-ce pas ?

    Récemment, j'ai retourné dans ma tête des expressions comme : "Il ne faut adorer qu'Allah" ; "Toutes les adorations sont réservées à Allah" ; etc.
    Dans ma découverte de l'islam, j'avais trouvé cela très obscur et ça freinait ma compréhension de certaines discussions. Il faut faire le tour des adorations pour commencer à comprendre qu'il s'agit de certains dogmes (la guérison, la subsistance), de certaines paroles (dans les serments, les témoignages, les voeux de chance, prospérité, etc.) et de comportements (ne jamais s'agenouiller ni s'incliner devant des objets cultuels comme les statues, délaisser la notion même de talisman, etc.).
    En venant d'une éducation marquée de christianisme, c'est confus, d'autant quand il s'agit de n'invoquer qu'Allah, même quand on a besoin de lacets ou de sel.

    Je crois qu'une expression plus éclairante, du moins pour les gens ayant baigné dans le christianisme, serait "réserver ses offrandes à Allah". L'offrande comporte une forte connotation spirituelle, et elle indique que c'est un don vers une cause supérieure = un acte, une parole, un bien, un comportement (par abstention ou par action). Il y a une asymétrie dans cette notion (pas comme le don, qui peut être réciproque). L'offrande renvoie aussi à cette notion de ne rien attendre de particulier en retour. Nous offrons, sans marchander, sans attendre une contrepartie : nous sommes déjà bien trop redevables. Et sur le fond, c'est bien ce qu'Allah nous demande : lui offrir tout ce que nous sommes, avons, faisons.
    Sans prétendre reécrire tous les bouquins sur l'islam, je pense que cette expression pourrait favoriser la compréhension de débutants - au cours d'une discussion. Pourquoi pas ?

    http://www.cnrtl.fr/definition/offrande
    A - RELIG. Don que les fidèles offrent à un dieu, à Dieu pour l'honorer.
    B. − P. anal. Présent dont on gratifie quelqu'un pour lui prouver son dévouement, son attachement.

  18. #78
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    As salamou 'alaykoum


    Je n'ai rien à ajouter à ce sujet et je trouve ta réflexion très pertinente ma cha Allah. J'interviens juste pour te dire que je suis très contente de te relire ici : ).

  19. #79
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    Citation Envoyé par Chocolat Voir le message
    assalam,

    Ca fait longtemps, n'est-ce pas ?

    Récemment, j'ai retourné dans ma tête des expressions comme : "Il ne faut adorer qu'Allah" ; "Toutes les adorations sont réservées à Allah" ; etc.
    Dans ma découverte de l'islam, j'avais trouvé cela très obscur et ça freinait ma compréhension de certaines discussions. Il faut faire le tour des adorations pour commencer à comprendre qu'il s'agit de certains dogmes (la guérison, la subsistance), de certaines paroles (dans les serments, les témoignages, les voeux de chance, prospérité, etc.) et de comportements (ne jamais s'agenouiller ni s'incliner devant des objets cultuels comme les statues, délaisser la notion même de talisman, etc.).
    En venant d'une éducation marquée de christianisme, c'est confus, d'autant quand il s'agit de n'invoquer qu'Allah, même quand on a besoin de lacets ou de sel.

    Je crois qu'une expression plus éclairante, du moins pour les gens ayant baigné dans le christianisme, serait "réserver ses offrandes à Allah". L'offrande comporte une forte connotation spirituelle, et elle indique que c'est un don vers une cause supérieure = un acte, une parole, un bien, un comportement (par abstention ou par action). Il y a une asymétrie dans cette notion (pas comme le don, qui peut être réciproque). L'offrande renvoie aussi à cette notion de ne rien attendre de particulier en retour. Nous offrons, sans marchander, sans attendre une contrepartie : nous sommes déjà bien trop redevables. Et sur le fond, c'est bien ce qu'Allah nous demande : lui offrir tout ce que nous sommes, avons, faisons.
    Sans prétendre reécrire tous les bouquins sur l'islam, je pense que cette expression pourrait favoriser la compréhension de débutants - au cours d'une discussion. Pourquoi pas ?

    http://www.cnrtl.fr/definition/offrande
    A - RELIG. Don que les fidèles offrent à un dieu, à Dieu pour l'honorer.
    B. − P. anal. Présent dont on gratifie quelqu'un pour lui prouver son dévouement, son attachement.
    Wa alaykoum Assalâm wa Rahmtullah,

    Vous avez raison, la confusion existant sur le sens de l'adoration est un réel problème.

    Ceci dit, limiter cette adoration à l'offrande, serait la restreindre à l'un de ses aspects, et la dénaturer de sa réelle portée.

    Nous sommes justement en train de traiter de ces questions sur les posts suivants, et je posterai dans les jours qui viennent in chaa Allah, une suite qui je l'espère mettra la lumière sur certaines zones d'ombres.

    Voici les posts en question, dans l'attente de vos riches contributions, car la science n'est que le fruit de la révision et l'étude en groupe, après le Soutien d'Allah et sa Clémence :

    http://www.ummah.fr/showthread.php/8...el-Attadayyoun

    Et comme vous pouvez le voir sur ce post en définition de l'acte cultuel qui n'est autre que l'acte d'adoration et de divinisation :

    La seule pensée( ou cette déduction) qui ne s'accorde à aucune base coutumière et règle universelle (3) basée sur la physique et l'observation. est un acte d'adoration.

    L'adoration pour laquelle Allah nous a Crée va donc au delà du simple acte pour comprendre aussi bien nos pensées et nos émotions.

    Et pour plus de détails pratiques, il y a le post sur le présage : http://www.ummah.fr/showthread.php/599-Le-présage


    Et pour ne pas tomber dans la confusion et inclure dans l'adoration ce qui n'en fait pas partie, ou en exclure ce qui en est le noyau, il suffit de définir les bases de cette adoration et ses fondements, qui détermineront " la réalité de l'adoration ". Et vous trouverez un post à cet effet, dans lequel, nous-frères et soeurs de ce forum- attendons vos riches contributions, qu'elles soient sous formes de réflexions ou d'interrogations.

    http://www.ummah.fr/showthread.php/8...de-l-adoration

    Wa Jazâkoum Allahou khayrane

  20. #80
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    Es-selèmou 3aleykoum

    "prêcher son peuple"
    Même si le sens reste évident, il y a dans cette expression une grosse faute de français, encore une fois issue d'un calque strict de la syntaxe arabe. En effet, dans cette langue, on dirait avec l'exemple du prophète Noé : da3a Nou7 qawma3hou signifiant littéralement "Nou7 a prêché son peuple". Autrement dit, en arabe, le complément d'objet ("son peuple") est introduit sans préposition, directement (verbe transitif direct), alors qu'en français le verbe prêcher est un verbe transitif indirect ; c'est à dire que son complément d'objet doit être introduit par une préposition, en l'occurrence "à". Bah oui, dans la langue de Molière, on prêche quelque chose à quelqu'un. On prêche non pas son peuple - ce qui est totalement absurde - mais à son peuple. Dans l'esprit de nos amis franco-musulmans, tout ce passe comme si les phrases n'étaient que des juxtapositions de mots. La syntaxe, ce truc qui légifère l'ordre des mots pour que la phrase qu'ils forment aient un sens, bah chez eux ça n'existe pas. Tu leur demandes par exemple de traduire "je vais à l'école" dans une autre langue, ils vont de façon mécanique te traduire chaque mot isolément et les remettre un par un dans le même ordre que celui de la langue-source : "je" + "vais"+ "à" + "l'" + "école". Sachant que le franco-musulman traduit au mot-à-mot, vous pouvez être sûr qu'à chaque fois que la syntaxe arabe différera de la syntaxe française, il fabriquera, sans même s'en rendre compte, une nouvelle expression franco-musulmane plus ou moins compréhensible, plus ou moins absurde.

    "jeter le Coran derrière son dos"
    On l'avait déjà dit, leur traduction littérale systématique les amène même à rendre au mot-à-mot des expressions imagées qui n'ont, par définition, jamais exactement leur sens littéral. Le résultat est alors au minimum incorrect, au pire aberrant. Quand on s'attache à traduire correctement une image d'une langue-source, on le fait par l'image qu'il lui est la plus proche dans la langue-cible. Quelle est donc en français l'expression imagée basée sur l'expression gestuelle du mépris et du dédain ? Réponse : "balayer d'un revers de la main". Alors, oui, le texte arabe ne comporte ni "balayer" ni "d'un" ni "revers" ni "de" ni "la" ni "main" ; mais il en comporte l'idée ; et c'est l'idée seule qui nous intéresse, pas les mots utilisés par la langue-source. Ici, on traduit une gestuelle de dédain arabe par une gestuelle de dédain française, une image par une image, un idée par un idée.

    Si je suis aussi méprisant et dédaigneux vis-à-vis des locuteurs de l'obscur parler franco-musulman, dont je balaye d'un revers de la main les piètres tentatives de traduction, c'est parce qu'il y a encore beaucoup de barbarismes à corriger chez eux, en plus de ceux qu'on a déjà corrigé. J'en annonce certains et tant pis si je dévoile les prochains épisodes : "pleuvoir de la langue", "faire l'intention", "prendre la science", "l'aumône courante", "suivre ses passions", "le meilleur des répondeurs", etc.
    Dernière édition par Pseudonym; 24/12/2014 à 01h04

  21. #81
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    Es-selèmou 3aleykoum

    Nouvelle franco-musulmânerie (avec "ânerie" dedans) : "Qu'Allah facilite" et sa variante encore plus absurde "Qu'Allah te facilite".
    En français, comme dans n'importe quelle langue, une phrase grammaticalement correcte se construit sous la forme sujet-verbe-complément, sauf si le verbe qu'elle contient est intransitif, c'est à dire un verbe suffisamment porteur de sens par lui-même pour pouvoir se passer de complément d'objet. Exemple de verbe intransitif : voler qui permet de former la phrase Je vole. L'idée de voler est suffisamment intelligible par elle-même pour que l'ajout d'un complément ne soit pas obligatoire, car on sait tous ce qu'est le vol et où se déroule l'action de voler. Si besoin, on peut y accoler un complément circonstanciel qui précise la phrase : "Je vole à toute vitesse" (complément circonstanciel de manière) ou "Je vole au-dessus de Ouagadougou" (complément circonstanciel de lieu). Comme presque toujours, l'erreur vient d'une traduction littérale du texte arabe. Les locuteurs de l'obscur parler franco-musulman ont été piégés par le fait que les pères de la langue arabe ont considéré que le verbe sahhala avait un sens implicite si évident qu'il pouvait se passer de complément d'objet pour former une expression correcte, contrairement aux pères de la langue française qui ont exigé que faciliter soit explicité par un complément d'objet. "Qu'Allah facilite" est une phrase grammaticalement incorrecte, incomplète, puisque la question qui brûle alors les lèvres est "Qu'Allah facilite quoi ?". Dire "Qu'Allah facilite" sans préciser ce qu'on veut qu'Il facilite est aussi incomplet que de faire une phrase sans rien d'autre que "J'aime". Pour bien se rendre compte du non-sens de cette expression, on peut se demander qu'elle en serait l'expression opposée (qu'on dirait à une personne pour laquelle on ne souhaite pas le succès). Logiquement, ce serait "Qu'Allah complexifie !" ; ce qui est encore plus grotesque. Traduction correcte : "Qu'Allah facilite ton épreuve/la réalisation de ton projet/ta guérison, etc.".

    Maintenant, si l'explication a été assez claire, nos amis locuteurs de l'obscur parler franco-musulman comprennent que l'expression "Qu'Allah te facilite" est encore plus insensée que la première corrigée. Étant donné que le verbe faciliter a besoin d'un complément d'objet, c'est alors le te qui en fait automatique office ; c'est à dire celui pour lequel on souhaite qu'Allah rende le projet ou l'épreuve facile ! La personne en faveur de laquelle vous formulez cette invocation devient elle-même la chose à faciliter ! Si quelqu'un disait "Qu'Allah te facilite", on devrait lui répondre "Merci, mais qu'est ce que tu veux qu'Il me facilite ?". Et lui de répondre comme si c'était une évidence : "Bah ton épreuve/ton projet !". Et comme cette absurdité a aussi ce sens-là, on peut lui poser la question "Tu veux qu'il me facilite, moi ; que, moi, je devienne plus facile ?". Traduction correcte : "Qu'Allah te facilite ton épreuve/la réalisation de ton projet/ta guérison, etc".

    En réalité, on peut former une phrase sans verbe ni complément d'objet. Mais c'est un effet de style qui n'est absolument pas à la portée des locuteurs de l'O.P.F. Qu'ils se contentent de respecter scrupuleusement la forme sujet-verbe-complément, de ne placer qu'une seule idée par phrase, de ne faire que des phrases courtes (pas plus de deux virgules par phrase), de toujours commencer les phrases par le sujet (un nom toujours précédé par son déterminant) ; autrement ils se perdraient dans les accords, dans la multiplication des et, dans l'emploi des relatifs (lequel, dont, duquel, que), dans le placement des virgules et des points. C'est un conseil sincère.

    http://www.linternaute.com/dictionna...ion/faciliter/
    Eux, ils ont compris : https://fr.answers.yahoo.com/questio...1065255AAlfL7I
    Dernière édition par Pseudonym; 03/01/2015 à 00h23

  22. #82
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    assalamalaykoum akhi


    déjà merci pour ces sujets. Je voulais savoir si tu as eu réponse à ta question de fiqh

  23. #83
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    es-selèmou 3aleykoum

    J'ai envie de publier une franco-musulmânerie avec sa correction avant d'aller dormir. Je consulte ma longue, malheureusement longue, liste enregistrée sur mon téléphone portable... patience... hum celle-là, elle va être trop longue à corriger... ouais celle-là, elle pourrait faire l'affaire pour ce soir... non, ça y est, j'en tiens une qui pète tout, presque au même niveau de n'importe quoi que "fraîcheur des yeux" ou "faire les causes" : "retourner sur ses talons".

    "Retourner sur ses talons" désigne dans l'obscur parler franco-musulman le fait de renoncer à quelque chose après l'avoir adopté, pratiqué ou après y avoir cru. C'est évidemment voulu comme étant une image basée sur le geste physique de renoncement, très proche de son équivalent français. Dans le Coran traduit en franco-musulman et non en français, cette expression revient plusieurs fois pour exprimer l'apostasie de ceux qui ont ont abandonné, ou pourraient abandonner, l'Islam suite à certaines épreuves décrétées par Dieu. "S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah ; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants.". Deuxième emploi : "Et Nous n’avions établi la direction (qiblah) vers laquelle tu te tournais que pour savoir qui allait suivre le Messager et qui allait s’en retourner sur ses talons.".
    Là, on devine tout de suite qu'ils t'ont mélangé les expressions réellement françaises "retourner sur ses pas" et "tourner les talons" pour te fabriquer cette monstruosité qui fait trembler de peur les radiologues et les chirurgiens. C'est techniquement impossible de se retourner sur ses talons ou alors au prix d'une contorsion à se paralyser les pieds à vie : torsion des genoux à 180 degrés, adieu les tendons, adieu les os ! Une absurdité biologique doublée d'une invention linguistique. En fait, les locuteurs de l'O.P.F. semblaient vaguement savoir que l'expression imagée dans la langue-cible comportait deux notions : l'idée de faire machine arrière... pardon, l'idée de retour (si je dis "faire machine arrière", ils seraient capables de comprendre l'expression littéralement en s'imaginant une personne fabriquant une machine qu'elle se collerait ensuite dans le dos) et la notion de geste physique de marche vers l'arrière en lien avec une partie du corps ; mais ne sachant pas trop si cette partie du corps était les talons ou les pieds, les deux expressions "retourner sur ses pas" et "tourner les talons", qui avaient toutes les deux le sens voulu, se sont télescopées dans leur tête pour former ce nouveau concept bâtard de "retourner sur ses talons".
    Correction : "tourner les talons". Tout simplement. En plus, c'est une expression que tout le monde connaît.

    Toi aussi, chez toi, tu peux jouer au franco-musulman en mélangeant deux expressions au sens identique ou proche pour en donner une troisième totalement inédite et aberrante. "Ça m'a coûté les yeux de la tête" que je mélange avec "Ça m'a coûté un bras" pour donner "Ça m'a coûté les yeux d'un bras". Je mélange "Il fait un froid de canard" avec "Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors" pour donner "Il fait un froid à ne pas mettre un canard dehors".
    Ici, méconnaissant notre dialecte franco-musulmano-arabo-gloubiboulga, un non-musulman questionne sur le sens de ce barbarisme ; puis, sans relever la faute de français, un musulman lui répond le plus naturellement du monde : http://www.forumreligion.com/t724p30...-aux-musulmans.

    Soeur Chocolat, s'il te plait, toi qui est meilleure que moi en français, ôte-moi d'un doute. J'ai écrit "cette partie du corps était les talons ou les pieds" sans être sûr de devoir accorder le verbe être avec partie du corps, et donc laisser ce verbe au singulier, ou l'accorder avec talons et pieds et donc conjuguer être au pluriel. Comment est-ce que je dois accorder ce verbe ? Donne signe de vie ; surtout que si j'ai trouvé plein de franco-musulmâneries, tu as dû en trouver pas mal aussi de ton côté :-)

  24. #84
    Membre habitué Avatar de Pseudonym
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    es-selèmou 3aleykoum

    Une que j'aime bien : "visiter quelqu'un/visiter les malades".
    "Wech y'a plein de hasanet quand tu visites les malades, t'as vu !" dit le locuteur de l'obscur parler franco-musulman le plus naturellement du monde, ignorant que personne ne peut "visiter quelqu'un". En français, seul un lieu peut être visité, donc certainement pas une personne, sauf peut-être par un chirurgien. Quand l'objet de la visite est une personne, on dira "rendre visite à quelqu'un". "Je visite Paris" ; mais je ne peux pas "visiter Mouloud", seulement lui "rendre visite". Comme d'hab', l'erreur vient d'un calque strict de la langue arabe ; langue qui donne donc à "visiter" (zara) un sens qui englobe à la fois les lieux et les personnes.

  25. #85
    Citation Envoyé par Pseudonym Voir le message
    es-selèmou 3aleykoum

    Une que j'aime bien : "visiter quelqu'un/visiter les malades".
    "Wech y'a plein de hasanet quand tu visites les malades, t'as vu !" dit le locuteur de l'obscur parler franco-musulman le plus naturellement du monde, ignorant que personne ne peut "visiter quelqu'un". En français, seul un lieu peut être visité, donc certainement pas une personne, sauf peut-être par un chirurgien. Quand l'objet de la visite est une personne, on dira "rendre visite à quelqu'un". "Je visite Paris" ; mais je ne peux pas "visiter Mouloud", seulement lui "rendre visite". Comme d'hab', l'erreur vient d'un calque strict de la langue arabe ; langue qui donne donc à "visiter" (zara) un sens qui englobe à la fois les lieux et les personnes.

    c'est vrai

  26. #86
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    es-selèmou 3aleykoum

    Deux p'tites franco-musulmâneries pour se détendre. La première : "divorcer sa femme"
    Le verbe divorcer est soit utilisé sans complément ("Je divorce"), soit utilisé avec un complément qui doit obligatoirement être précédé par de ou avec, donc Il a divorcé de sa femme ou il a divorcé d'avec sa femme. Comme apostasier quelqu'un, qu'on a déjà vu, divorcer sa femme n'est pas permis, parce que les deux verbes sur lesquels se basent ces expressions sont des verbes intransitifs.

    Plus généralement, on remarque que nos amis ont un énorme problème avec la voix passive. A cause de leur reproduction mécanique de la syntaxe arabe, ils produisent en français des absurdités dès qu'il faut passer de la voix active (faire l'action) à la voix passive (être l'objet de l'action). A prononcer avec l'accent zy'va : "Wech, cheikh Flène il a été apostasié par cheikh Flène, t'a vu"'. Pire encore, toujours à dire avec l'accent racaille du département 9-8 et la gestuelle ridicule d'un rappeur : "cheikh Flène, il a été mis en garde". Est-ce que vous savez ce qu'ils veulent dire par là ? Ils signifient par cette phrase, syntaxiquement correcte, non pas que le cheikh en question a été prévenu contre les égarements ou les méthodes d'un autre, mais que le cheikh dont ils parlent, ce cheikh Flène lui-même, a fait l'objet d'une mise en garde. Autrement dit, c'est contre ce cheikh que la mise en garde a été produite ! Inversion du sujet et de l'objet produisant une phrase syntaxiquement correcte mais d'un autre sens que le sens voulu. On ne sait plus qui fait quoi à qui. Dans le changement inconscient de la signification de la phrase, ils nous ont refait le coup d'"Allah est capable de tout", phrase correcte dans sa syntaxe, mais voulant dire "Allah est machiavélique, capable des coups les plus tordus pour arriver à ses fins", alors qu'ils pensaient avoir dit "Allah a le pouvoir absolu sur tout chose". Je vous réserve pour une prochaine fois, incha'Allah, une autre expression où ces bras cassés, ou plutôt ces langues cassés, par leur échec dans le passage de la voix active à la voix passive, ont produit un blasphème dont ils ne se rendent même pas compte.
    Correction : "Cheikh Flène a fait l'objet d'une mise en garde".

  27. #87
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    es-selèmou 3aleykoum

    L'expression du jour "L'aumône courante".
    Elle se veut la traduction française de sadaqa jarriya, qui désigne l'aumône pour laquelle son auteur continue d'être récompensé par Allah tant que ceux qui en sont les destinataires continuent d'en bénéficier. Creuser un puits ou transmettre un savoir utile sont deux exemples de sadaqa jariyya pour lesquels les auteurs accumulent des hasanèt ; c'est à dire, pour reprendre nos exemples, aussi longtemps que l'on boira du puits, aussi longtemps que l'on profitera de cette science. En partant du fait que le verbe jara veut dire "courir" et que nos amis traduisent littéralement de l'arabe vers le français, j'ai parié que cette belle brochette de langues cassées allait faire l'erreur de traduire ça par "aumône courante". Bingo ! Vérification faite avec Google, ils l'ont bien traduit de cette façon. Cette franco-musulmânerie est la première dont j'ai prédit l'usage avant même de la rencontrer. Bien qu'il était gros comme une maison, ils sont tombés pour la 129 ème fois dans le piège de la traduction littérale. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Mais a-t-on déjà vu une aumône courir avec ses p'tites pattes ? Est-ce qu'une aumône s'est un jour échappée de la main de celui qui l'offrait pour s'enfuir comme si elle ne voulait pas se retrouver chez le nécessiteux pour lequel elle était destinée ?! En traduisant mécaniquement le mot jarriyya par "courante", ils ne se sont pas rendus compte que le participe présent du verbe "courir", lorsqu'il est précédé d'un nom commun, n'a plus aucun rapport avec l'idée de course, mais signifie alors "habituel", "commun", "fréquent". On dit bien d'une habitude très répandue qu'elle est "une pratique courante" sans dire par là que cette pratique court avec ses p'tites jambes. Ainsi, leur traduction revient à faire une non pas une faute mais deux, où plutôt à faire une deuxième faute par dessus une première. Entre leur capacité à visiter des malades, à apostasier des gens, à s'imaginer des atomes de moutarde de foi, nos amis locuteurs de l'obscur parler franco-musulman semblent avoir basculé dans une espèce de cinquième dimension où les lois de la physique ont été abolies.

    Essayons maintenant de comprendre pourquoi l'arabe utilise la notion de course pour ce genre d'aumône. En berbère, on dit littéralement d'un fleuve qu'il "court" et non qu'il coule, du sang qu'il "court" et non qu'il circule. Dans cette langue, (ma langue préférée... après le français, bien sûr) la notion d'écoulement de liquide est rendue par le verbe "courir". Sachant que la langue arabe a une syntaxe, des tournures de phrases, et même quelques très rares mots de vocabulaire proche du berbère, puisque les deux langues appartiennent à la même famille chamito-sémitique (branche chamite pour le berbère, sémite pour l'arabe), j'ai supposé que les pères de la langue arabe ont eux aussi rendu la notion d'écoulement de liquide par celle de course. Partant de cette première supposition, j'en ai fait un deuxième : l'arabe utilise la notion d'écoulement d'eau avec ce type d'aumône comme une image qui explique que ces aumônes-là offrent des bénéfices (quasi-)permanents comme est permanent l'écoulement de l'eau d'une rivière (sauf sécheresse). A-t-on déjà vu l'eau de la Seine ou l'eau de la Soummam s'arrêter de couler ? Je suis sûr à 99,99% que sadaqa jariyya est une expression imagée construite sur le caractère perpétuel du mouvement d'un cours d'eau. Les locuteurs de l'obscur parler franco-musulman ont donc été doublement piégés : la première fois en cédant à la tentation du mot-à-mot, la deuxième fois en traduisant jara par son sens premier de "courir" et non par son sens plus rare de "s'écouler". D'autres musulmans ont traduit cette expression par "aumône permanente" ou "aumône perpétuelle". Même si c'est plus correct, ça ne me satisfait pas totalement, puisque ces aumônes et leur récompense inhérente cesseront d'exister le jour où plus personne n'en bénéficiera. Construire un puits n'est pas une aumône permanente, puisque ce puits peut s'assécher. Léguer un savoir n'est pas non plus une aumône permanente, puisque ce savoir peut disparaître. Plutôt que de parler d'un caractère perpétuel, permanent, ou continu, je préfère parler d'"aumône durable", car cette adjectif exprime la notion de longue durée sans toutefois rendre cette durée infinie.

    Vous avez d'ailleurs peut-être remarqué que nos amis se font piéger les mots arabes polysémiques (qui ont plusieurs sens) en les traduisant trop souvent par leur sens principal et non par l'un de leurs sens seconds voulu par le texte arabe. Prenons le mot arabe 3adhim. Exactement comme son pendant berbère amoqrane, son sens le plus fréquent est "grand" ; mais il peut aussi vouloir dire, selon le contexte, "important", "grave", "terrible" (visiblement tout ce qui ne doit pas être pris à la légère). Or nos amis locuteurs de l'obscur parler franco-musulman le traduisent trop souvent par son sens principal. Ainsi, quand Allah parle du jour du Jugement comme d'un jour terrible, les traductions franco-musulmanes nous en parlent comme d'un "grand" jour, faisant disparaître toute l'idée de terreur que ce jour suscitera en nous. Pourtant, un jour peut être grand sans être terrifiant. Bien au contraire, on dit des jours que joie que sont celui d'un mariage ou celui d'une naissance qu'ils sont des grands jours. On peut dire aussi : "Demain, c'est le grand jour : tu arrêtes la cigarette.".

    On voit à travers tout ce qui a été publié dans ce fil que la traduction d'une langue vers une autre n'est pas à la portée de toute personne connaissant les deux langues en question. La traduction est un art subtil, un vrai métier. On le comprend bien avec Sala7eddine Kechrid et Mo7ammed Hamidullah, auteurs chacun d'une mauvaise traduction du Coran. Quand ces deux amateurs - c'est à dire qu'ils ne sont ni des savants en Islam ni des professionnels compétents en traduction - écrivent directement en français, on constate d'eux une jolie plume, un très bon niveau dans cette langue ; mais quand ils traduisent le Livre en français, on constate une méconnaissance de la méthodologie de traduction ; une méconnaissance telle que Hadroug Mimouni, dans son livre l'Islam agressé, dézingue et atomise ces deux œuvres comme leur auteur respectif, allant même jusqu'à insinuer que Kechrid a fait un travail intentionnel de sabotage du Coran. Sans aller jusqu'à penser ça, Kechrid, auteur de Méditations d'un musulman sincère et d'une traduction très répandue du Jardin des vertueux, a produit une traduction du Coran à la limite du foutage de g...., parce qu'il a tellement voulu coller au Texte arabe, lui être fidèle, qu'il a parfois fabriqué un gloubiboulga en guise de français. Au final, il n'a ni été fidèle au sens véhiculé par l'arabe ni aux règles de la langue de Molière. Quant à ses notes de bas de page, critiquées avec violence mais à raison par Hadroug Mimouni, elles montrent une ignorance de l'Islam, contiennent des tentatives ridicules de faire concorder science et Coran, des contradictions et de l'hérésie. Ce musulman, dont je ne doute pas de la sincérité, a voulu faire une bonne œuvre en traduisant le Coran dans la langue de Voltaire, langue dans laquelle il s'exprime très bien, pour pallier aux traductions délibérément tendancieuses faites par les orientalistes (Masson, Kazimirski et compagnie). Quant à la traduction du Coran de Hamidullah, celle-ci était si mauvaise que les autorités saoudiennes l'ont révisée malgré le refus de l'érudit indien. Et ils ont eu raison de passer en force. On peut donc dire que les traductions volontairement sabotées que nous ont faites par les orientalistes français ont été suivies par celles d'incompétents sincères. Après les compétents mal intentionnés, les incompétents bien intentionnés. El-7amdouliLlah, après de nombreuses années où nous devions nous contenter de mauvais travaux, les musulmans francophones bénéficient maintenant d'excellentes traductions faites par des musulmans sincères et compétents. Pour l'anecdote, c'est en lisant le livre de Hadroug Mimouni que j'ai appris que le mot "associationnisme" n'avait rien à voir avec chirk.

    http://www.sounna.com/spip.php?article149
    Dernière édition par Pseudonym; 06/05/2015 à 01h07

  28. #88
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    es-selèmou 3aleykoum

    Franco-musulmânerie scandaleuse sur laquelle on fera aucun trait d'humour : "avoir honte d'Allah".
    Désigne pour les handicapés linguistiques le fait de ressentir de la honte en pensant qu'Allah voit le péché que nous sommes en train de commettre, ou que nous aimerions commettre ou que nous nous apprêtons à commettre. Par cette débilité, ils disent involontairement que c'est d'Allah lui-même dont ils ont honte. Quel blasphème ! En français, quand on fait suivre "honte" par un "d" puis par le nom d'une personne (ou d'un groupe de personne), ça signifie que la honte est causée par la personne en question. C'est cette personne qui nous fait honte par son attitude, ses actes ou ses paroles. Par contre, quand on fait suivre le mot "honte" par la préposition "devant" puis par une personne ou un groupe de personnes, cela signifie que la honte est ressentie face à ces personnes-là. C'est devant eux que je rougis. C'est face à eux que j'ai honte. En aucun cas, la honte que je ressens à ce moment-là n'est causée par leurs attitudes, actes ou paroles. Ce sont au contraire mes attitudes, actes ou paroles qui me mettent dans l'embarras. Locuteurs de l'obscur parler franco-musulmans qui nous lisez, est-ce que vous comprenez la différence entre "avoir honte d'untel" et "avoir honte devant untel" ; entre "j'ai honte de toi" et "tu m'as foutu la honte devant toute le monde" ? Je jure par Dieu que j'ai de la colère en écrivant ça. J'ai sincèrement honte de vous. Vous me foutez la honte devant les non-musulmans. Vraiment.
    Correction : "avoir honte DEVANT Allah".

    Vérifiez systématiquement avec un moteur de recherche l'existence des expressions franco-musulmanes que je rapporte et corrige pour voir que je n'invente rien. Pour cet exemple, le mettre entre guillemets sur la barre de recherche de Google donne trois pages de réponses ! Et cette idiotie est encore plus répandue que ce que nous en montre Google, puisqu'il faut ajouter à ces trois pages de réponses ses emplois à l'oral et ses éventuels emplois à l'écrit.

  29. #89
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    es-selèmou 3aleykoum

    L'expression du jour "L'aumône courante".
    Elle se veut la traduction française de sadaqa jarriya, qui désigne l'aumône pour laquelle son auteur continue d'être récompensé par Allah tant que ceux qui en sont les destinataires continuent d'en bénéficier. Creuser un puits ou transmettre un savoir utile sont deux exemples de sadaqa jariyya pour lesquels les auteurs accumulent des hasanèt ; c'est à dire, pour reprendre nos exemples, aussi longtemps que l'on boira du puits, aussi longtemps que l'on profitera de cette science. En partant du fait que le verbe jara veut dire "courir" et que nos amis traduisent littéralement de l'arabe vers le français, j'ai parié que cette belle brochette de langues cassées allait faire l'erreur de traduire ça par "aumône courante". Bingo ! Vérification faite avec Google, ils l'ont bien traduit de cette façon. Cette franco-musulmânerie est la première dont j'ai prédit l'usage avant même de la rencontrer. Bien qu'il était gros comme une maison, ils sont tombés pour la 129 ème fois dans le piège de la traduction littérale. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Mais a-t-on déjà vu une aumône courir avec ses p'tites pattes ? Est-ce qu'une aumône s'est un jour échappée de la main de celui qui l'offrait pour s'enfuir comme si elle ne voulait pas se retrouver chez le nécessiteux pour lequel elle était destinée ?! En traduisant mécaniquement le mot jarriyya par "courante", ils ne se sont pas rendus compte que le participe présent du verbe "courir", lorsqu'il est précédé d'un nom commun, n'a plus aucun rapport avec l'idée de course, mais signifie alors "habituel", "commun", "fréquent". On dit bien d'une habitude très répandue qu'elle est "une pratique courante" sans dire par là que cette pratique court avec ses p'tites jambes. Ainsi, leur traduction revient à faire une non pas une faute mais deux, où plutôt à faire une deuxième faute par dessus une première. Entre leur capacité à visiter des malades, à apostasier des gens, à s'imaginer des atomes de moutarde de foi, nos amis locuteurs de l'obscur parler franco-musulman semblent avoir basculé dans une espèce de cinquième dimension où les lois de la physique ont été abolies.

    Essayons maintenant de comprendre pourquoi l'arabe utilise la notion de course pour ce genre d'aumône. En berbère, on dit littéralement d'un fleuve qu'il "court" et non qu'il coule, du sang qu'il "court" et non qu'il circule. Dans cette langue, (ma langue préférée... après le français, bien sûr) la notion d'écoulement de liquide est rendue par le verbe "courir". Sachant que la langue arabe a une syntaxe, des tournures de phrases, et même quelques très rares mots de vocabulaire proche du berbère, puisque les deux langues appartiennent à la même famille chamito-sémitique (branche chamite pour le berbère, sémite pour l'arabe), j'ai supposé que les pères de la langue arabe ont eux aussi rendu la notion d'écoulement de liquide par celle de course. Partant de cette première supposition, j'en ai fait un deuxième : l'arabe utilise la notion d'écoulement d'eau avec ce type d'aumône comme une image qui explique que ces aumônes-là offrent des bénéfices (quasi-)permanents comme est permanent l'écoulement de l'eau d'une rivière (sauf sécheresse). A-t-on déjà vu l'eau de la Seine ou l'eau de la Soummam s'arrêter de couler ? Je suis sûr à 99,99% que sadaqa jariyya est une expression imagée construite sur le caractère perpétuel du mouvement d'un cours d'eau. Les locuteurs de l'obscur parler franco-musulman ont donc été doublement piégés : la première fois en cédant à la tentation du mot-à-mot, la deuxième fois en traduisant jara par son sens premier de "courir" et non par son sens plus rare de "s'écouler". D'autres musulmans ont traduit cette expression par "aumône permanente" ou "aumône perpétuelle". Même si c'est plus correct, ça ne me satisfait pas totalement, puisque ces aumônes et leur récompense inhérente cesseront d'exister le jour où plus personne n'en bénéficiera. Construire un puits n'est pas une aumône permanente, puisque ce puits peut s'assécher. Léguer un savoir n'est pas non plus une aumône permanente, puisque ce savoir peut disparaître. Plutôt que de parler d'un caractère perpétuel, permanent, ou continu, je préfère parler d'"aumône durable", car cette adjectif exprime la notion de longue durée sans toutefois rendre cette durée infinie.
    وعليكم السلام ورحمة الله وبركاته

    Bâraka Allâhu fîka pour ce fil.

    Oui le sens n'est probablement pas "une aumône qui court avec ses petites pattes" mais "courant" peut aussi avoir le sens de "en cours" (ininterrompu, continu, non terminé...). En arabe aussi apparemment le mot jâriyah (جَارِيَة) peut avoir le sens de "en cours, ininterrompu, qui n'est pas encore terminé...". (on trouve مستمرّ، لم ينتهِ بعدُ dans le dico معجم اللغة العربية المعاصرة ci-dessous). On peut dire par exemple : le mois en cours/courant (exemple du dico).

    Mais j'ai trouvé aussi le sens de "durable" pour le mot مستمرّ (utilisé dans la définition du dico) ce qui correspond à ta proposition de traduire "sadaqah jâriyah" (صَدَقَة جَارِيَة) par "aumône durable". Ce mot peut aussi avoir le sens de "permanent, perpetuel, continu..." apparemment d’après ce dico : http://www.ldlp-dictionary.com

    Sinon une sadaqah jâriyah ne dure pas forcément longtemps, non ? Peut-être qu'il faut comprendre sadaqah jâriyah par aumône qui dure tant que certaines conditions sont remplies... Ce qui est trop long (comme traduction) bien sûr...
    جارٍ

    ا• اسم فاعل من جرَى1 وجرَى/ جرَى إلى/ جرَى لـ ، نهرٌ جارٍ : سائل لا يجفّ
    امستمرّ، لم ينتهِ بعدُ "دراسة جارية- جاري التنفيذ" ، الشَّهرُ الجاري : الحالي، الحاضر. ، ثمنٌ جارٍ : (قص) مايتعيّنُ في المنافسة الحرَّة بنقطة توازن العرض والطلب. ، حسابٌ جارٍ : (قص) حساب مصرفيّ يقوم على تمكين العملاء من إيداع أموالهم في المصرف والحصول على دفتر شيكات أو دفتر ادّخار بما أودعوه

    Wa Allâhu a'lam.
    Dernière édition par Ibn Nacer; 07/05/2015 à 17h39

  30. #90
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    Citation Envoyé par Ibn Nacer Voir le message
    وعليكم السلام ورحمة الله وبركاته

    Bâraka Allâhu fîka pour ce fil.

    Oui le sens n'est probablement pas "une aumône qui court avec ses petites pattes" mais "courant" peut aussi avoir le sens de "en cours" (ininterrompu, continu, non terminé...). En arabe aussi apparemment le mot jâriyah (جَارِيَة) peut avoir le sens de "en cours, ininterrompu, qui n'est pas encore terminé...". (on trouve مستمرّ، لم ينتهِ بعدُ dans le dico معجم اللغة العربية المعاصرة ci-dessous). On peut dire par exemple : le mois en cours/courant (exemple du dico).

    Mais j'ai trouvé aussi le sens de "durable" pour le mot مستمرّ (utilisé dans la définition du dico) ce qui correspond à ta proposition de traduire "sadaqah jâriyah" (صَدَقَة جَارِيَة) par "aumône durable". Ce mot peut aussi avoir le sens de "permanent, perpetuel, continu..." apparemment d’après ce dico : http://www.ldlp-dictionary.com

    Sinon une sadaqah jâriyah ne dure pas forcément longtemps, non ? Peut-être qu'il faut comprendre sadaqah jâriyah par aumône qui dure tant que certaines conditions sont remplies... Ce qui est trop long (comme traduction) bien sûr...
    جارٍ

    ا• اسم فاعل من جرَى1 وجرَى/ جرَى إلى/ جرَى لـ ، نهرٌ جارٍ : سائل لا يجفّ
    امستمرّ، لم ينتهِ بعدُ "دراسة جارية- جاري التنفيذ" ، الشَّهرُ الجاري : الحالي، الحاضر. ، ثمنٌ جارٍ : (قص) مايتعيّنُ في المنافسة الحرَّة بنقطة توازن العرض والطلب. ، حسابٌ جارٍ : (قص) حساب مصرفيّ يقوم على تمكين العملاء من إيداع أموالهم في المصرف والحصول على دفتر شيكات أو دفتر ادّخار بما أودعوه
    Wa Allâhu a'lam.
    Wa fik barak Allah. Même si jarriya a aussi le sens d'"en cours" en arabe, le traduire par "courant" en français reste inapproprié, puisque le participe présent du verbe "courir" ne s'utilise dans le sens-là qu'avec une période calendaire (mois, semaine, année). Accolé à autre chose qu'une période, "en cours" n'a plus le sens d'"actuel", encore moins le sens d'"en train de courir", mais le sens d'"habitude", de "banalité". Si le "mois courant" veut bien dire "le mois en cours", une "aumône courante" ne veut pas dire "une aumône en cours" ; et la sadaqa jariyya n'étant ni un aumône banale ni un aumône faisant de l'athlétisme, ça reste une traduction incorrect. Le dictionnaire Larousse en ligne le confirme : http://www.larousse.fr/dictionnaires...courante/19877
    Cet usage est une exception, que je n'avais d'ailleurs pas vu quand j'ai rédigé le message en question. C'est bien vu de ta part. C'est effectivement trompeur et ça pourrait aussi expliquer pourquoi nos amis se sont emmêlés les pinceaux.

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