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Afficher la version complète : Quelle alternative pour le citoyen musulman ?



Nada
17/02/2012, 10h53
As salamou 'alaykoum


Avez-vous remarqué que lorsque l'on refuse d'adhérer à des organismes qui ne se meuvent pas exclusivement au nom de l'Islam ou que l'on refuse d'avoir recours à des moyens d'actions que l'on considère incompatible avec la parole de Dieu, il y a une question qui revient tout le temps c'est: "Mais alors que faites-vous ? ou que proposez-vous" ?
Ce reproche qui est souvent fait, celui de pousser à priori à l'immobilisme de notre communauté et de ne pas participer à "l'évolution (dans le bon sens s'entend)" de la communauté musulmane, me chagrine. Je peux l'entendre et concevoir que cela intrigue au début mais al hamdouliLlah il ne me fait pas douter dans mes choix. Il ne me fait pas douter parce qu'à partir du moment où j'ai la conviction d'avoir choisi ce qui est le plus juste vis à vis de Dieu, alors j'ai le sentiment d'avoir aussi fait le meilleur choix pour l’avenir de ma communauté.

Alors que pouvons-nous faire en dehors de voter ou de quémander l'aumône à des institutions qui ont pour la plupart du temps un grand mépris pour l'islam et ses fidèles ?

Pour répondre à cette question j'ai choisi des extraits d'un texte écrit par Omar Mazri, trouvé sur le site de CFCM.TV (ne vous méprenez pas sur les initiales, ce sont celles de Communauté Francophone de Confession Musulmane ), un site intéressant.

Dans ce texte l'auteur revient sur l'incapacité qu'à notre communauté à manger halal, mais au delà de cela il retranscrit avec les mots justes notre incapacité " à nous hisser à la culture islamique, celle des idées, de la compétence d’entreprendre, d’imaginer et d’agir non pour trouver un confort qui rassure notre conscience endormie mais pour changer notre mentalité, notre immobilisme et le monde de plus en plus pervers et satanique qui nous rend inopérant malgré notre nombre, notre argent, nos diplômes et l’étendue de nos problèmes qui s’accumulent et se fossilisent devenant presque impossibles à résoudre ou à comprendre."

Je n'ai pas la plume pour résumer convenablement ses écrits, alors je vous en mets quelques extraits :


Tant que nous faisons de la lutte pour l’islam juste une dénonciation, une pétition ou un clic de souris sur un lien, Allah(swt) nous laissera dans notre Wahn. Nous continuerons à prier dans les casernes de ceux qui vont bombarder nos frères Musulmans et nous mangerons les bêtes malades que les agriculteurs Koffars n’arrivent pas à vendre et les carcasses que les halles ne parviennent pas à écouler.


Si le musulman n’est pas capable de financer sa mosquée, alors qu’il se montre astucieux pour financer sa villa et son magasin au bled et consommer d’une manière irrationnelle et ostensible il peut avoir la dignité d’accomplir sa prière du vendredi par groupe de 12 ou un peu plus dans un appartement sous la supervision du plus connaissant et du plus pieux. Les mosquées seront peut être moins remplies et moins nombreuses mais les cœurs seront sans doute davantage plus fraternels et plus humbles. Dans un état musulman la construction et l’entretien de la mosquée relève de l’État car c’est sa vocation d’état musulman et de plus il le fait avec un budget financé par les impôts et les taxes prélevés sur les Musulmans. L’histoire a montré que pour garder son autonomie du pouvoir politique et ne pas laisser la religion instrumentalisée par des manœuvres politiciennes, les Musulmans ont financé leurs mosquées et les fondations pieuses rattachées aux mosquées allant jusqu’à concurrencer l’État. Ils ont ainsi conservé une société islamique qui assure la pérennité du savoir, de l’enseignement, de la charité, des droits de l’homme, de la protection maternelle et infantile, de l’assistance sociale et de l’indépendance du savant même si l’État devient despotique ou en faillite. L’État laïc en France n’a pas à financer nos mosquées ni nos théologiens ni nos élites ni notre Halal. La laïcité n’est pas une fatalité à subir mais une épreuve sur notre chemin de foi et notre devoir de témoigner de cette foi à celles et à ceux qui n’ont pas eu le privilège de connaitre l’Islam dans sa pureté et son authenticité.


Le Musulman ne connait pas le syndrome victimaire, pleurnichard; c’est un être honoré par Allah qui a les compétences d’agir. En sa qualité de minorité il doit s’organiser autour d’élites nobles et généreuses pour produire ses idées, ses élites et son argent pour produire sa nourriture Halal sinon l’importer et construire ses logements sans passer par le Riba. La chaine du Halal commence en amont de l’abattoir et dépasse le cadre des organismes de certification. Si les Musulmans ne sont pas capables de faire de l’élevage, de l’abattage et de la distribution de viande de bonne qualité et Halal il faudrait qu’ils se convertissent en bouddhistes végétariens.

Il nous faut casser le réflexe de consommateur passif pour devenir producteur créatif et innovant. L’économie solidaire et coopérative est une économie fiable et crédible : elle a fait ses preuves en France, au Québec, en Espagne et en Italie. Ses principes de mutualisation sont des principes islamiques. Ses principes d’usager propriétaire et ses règles d’auto gestion sont conformes à la Charia islamique. Nous laissons l’arsenal juridique et économique disponible et conforme à notre religion et nous allons susurrer à l’oreille d’un Cheikh vivant à des milliers de km de promulguer des fatwas autorisant le Riba.


Pour lire le texte dans son intégralité c'est ici : Par delà le Halal et le Haram (http://www.cfcm.tv/2011/10/07/omar-mazri-halal-haram/).


À mes yeux c'est sur ce chemin que se trouve la solution, tout est à faire dans notre communauté, les actions possibles sont nombreuses et les chantiers innombrables. Notre communauté regorge d'hommes et de femmes de qualités wa liLlahi al Hamd, à nous d'utiliser les bons outils pour œuvrer.

Et vous ? Quel est votre point de vue sur la situation ? Que répondez-vous à celles et ceux qui vous reprochent de ne rien proposer pour améliorer le situation des musulmans de france ou d'ailleurs ? Avez-vous des témoignages de la communauté musulmane dans d'autres pays qui a réussi (au moins en partie) à installer son propre mode de fonctionnement ?


Wassalam