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Afficher la version complète : Notre ignorance vue avec le recul



Pseudonym
15/08/2011, 01h09
As salamou 3alaykoum

Est-ce que ça vous arrive de penser aux années pendant lesquelles vous avez vécu dans le brouillard, voire dans la mécréance, et d'en avoir honte, ou d'avoir envie d'en rire, ou d'avoir envie d'en revivre certains moments ? Quels sont sentiments que provoquent chez vous ces souvenirs de l'ère de l'ignorance ?

Personnellement, j'oscille entre la nostalgie, la honte et l'envie d'en rire. Quelquefois, j'ai de la nostalgie pour ces années d'insouciance où l'on savait "s'amuser", "kiffer sur du bon son", ne pas se prendre la tête pour l'au-delà en pensant qu'il nous restera encore 120 ans à vivre donc largement le temps nécessaire pour "revenir dans le dîn". La nostalgie des péchés, c'est le truc qui va tous nous tuer.

D'autres fois, j'ai envie d'en rire tellement l'égarement nous faisait adopter des comportements ridicules. Je pense surtout au rasage de la barbe. Quand on y réfléchit, le rasage de la barbe, surtout quand il doit se faire plusieurs fois par semaine chez ceux qui ont une pilosité de grizzli - je plains les Turcs -, c'était une vraie corvée. Une corvée et une conduite contre-nature parce que :
- on combattait presque quotidiennement et dans un combat sans fin des poils qui repoussent aussitôt après le rasage ;
- au moment de la repousse, les poils sont drus et donc très irritants, surtout quand le col de la chemise frotte sur le cou ;
- les irritations et les démangeaisons provoquent des rougeurs et donnent des boutons disgracieux alors que le rasage était sensé nous embellir (souvenez-vous des publicités où un homme se rasait, puis sa compagne, caution féminine du rasage masculin, venait passer sa main sur la joue de son héros avec l'air de dire "maintenant que tu t'es rasé, tu es irrésistible") ;
- le rasage puis l'application de la lotion d'après-rasage (avec forte teneur en alcool) brûlaient au point où l'on était rouge pendant un bonne heure après le rasage ;
- la mousse à raser + le blaireau + les rasoirs + les lames + l'après-rasage = un vrai budget, sans compter le temps passé à se raser ;
- quand certains poils résistaient au rasoir, on appuyait plus fort, ce qui provoquait régulièrement des coupures qui nécessitaient l'application de pansements sur les joues.

Mais le plus absurde, c'est la façon avec laquelle certains gamins se rasent leur petit duvet pour le faire s'épaissir et le transformer en barbe d'adulte ; barbe pour laquelle ils ont auront donc tout fait pour qu'elle apparaisse, mais qu'ils raseront impitoyablement le jour où elle apparaîtra enfin. Hâter la venue de ce que l'on fera disparaitre aussitôt qu'il sera apparu, avec le recul, c'est ridicule. En fait, ils veulent avoir une barbe plus pour pouvoir entrer dans le rituel du rasage quotidien comme les grands que pour la barbe en elle-même. Donc se raser pour pouvoir se raser encore plus.
Encore pire : ceux qui empestent l'après-rasage tout en portant un débardeur qui donne à voir une véritable forêt de poils sous leurs bras à tel point qu'on pourrait en faire des tresses. Inversion totale de ce qu'il faut faire puisque les poils des aisselles, indésirables parce qu'ils retiennent les microbes responsables des mauvaises odeurs, sont laissés en friche alors que ceux qui ont du sens (différencier l'enfant de l'adulte, la femme de l'homme, le musulman du non-musulman) sont décapités dès qu'ils font plus d'1 millimètre par un rituel qui martyrise la peau. Va comprendre leur délire, toi.