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Afficher la version complète : Les cadeaux et la fraternité



Avant l'Heure
18/07/2011, 16h38
As salamu 'alaykum wa rahmatullah

Comme nous l'apprend Aichah, radhiallahu 'anha, le prophète 'alayhi salam, ne refusait pas les cadeaux qu'on lui faisait habituellement. Mieux, il les acceptait et faisait des cadeaux aux gens qui avaient été bons.

Ces échanges renforcent l'amitié fraternelle car ils montrent la reconnaissance - et l'homme en est friand - ainsi que le pardon et l'indulgence - et l'homme honnête et non orgueilleux l'apprécie. Ils montrent aussi le désintéressement vis-à-vis des biens et des richesses de l'autre. C'est un geste gratuit qui est clairement destiné à plaire à Allâh et renforce le sentiment de sécurité. Eh oui, l'être humain se sent en sécurité avec quelqu'un qui offre, davantage qu'avec quelqu'un qui demande. Ca c'est de la théorie et le ressentir effectivement - malgré l'insatisfaction chronique de l'être humain - est un cadeau d'Allâh, un don supplémentaire.

Aujourd'hui nous avons reçu, notre famille, un cadeau aussi original que magnifique, de la part d'une soeur d'Ummah. C'est un cadeau en signe de reconnaissance. Sa reconnaissance et son indulgence sont bien plus grandes que ce que nous méritons. Mais ce cadeau a ajouté quelque chose d'indicible qui est un mélange de reconnaissance, d'amitié, de respect et de gêne, mais qui a pour effet de renforcer la fraternité et les sentiments qui vont avec.

Donc nous lui disons jazahallahu khayra, nous l'assurons qu'on ne l'oubliera pas dans nos invocations et dans nos discussions, et nous recommandons à tous de faire des cadeaux aux frères et soeurs et de se mettre en état pour apprécier les vertus spirituelles de ce type d'échanges entre croyants dans l'espoir d'en retirer tout le khayr dont le Prophète 'alayhi salam a souhaité nous montrer la valeur en acceptant et en faisant lui-même les cadeaux.

Wassalam

Chocolat
19/07/2011, 22h17
assalamou alaikoum,

Je crois me souvenir - mais j'aimerais confirmation - d'un récit où le Prophète avait reçu un magnifique manteau tissé de la part d'une femme. Aussitôt, un Compagnon a demandé au Prophète de lui en faire don et le Prophète, sans se formaliser, n'a pas hésité à le lui offrir.

Quels sont les commentaires sur ce récit (si tant est qu'il s'avère) ?

En ce qui me concerne, je ne serais pas très contente de dénicher un objet déterminé pour une personne précise et de voir ce présent atterrir illico dans d'autres mains. Mais là où j'ai tort et je le sais pertinemment, c'est que de l'instant où un objet est offert, c'est un autre qui en devient propriétaire et peut donc l'utiliser comme bon lui semble. :)

Je pense qu'il faudrait aussi évoquer la manière de donner.
Toujours sur la lancée fraternelle, ou amicale, j'ai appris que certains vivent mal des cadeaux somptueux par rapport à leur niveau de vie. Ils n'aiment pas se sentir redevables d'un don exagéré. Il faut apprendre à les détecter et à leur offrir, avec tact, de menus objets qui ne leur causeront pas de gêne morale.

Par ailleurs, pour des motifs diplomatiques, on se trouve parfois à distribuer des cadeaux à plusieurs personnes alors qu'on en visait une en particulier. Mais l'objectif reste atteint : resserrement des liens de parenté* ou de fraternité + éviter les jalousies.

*Ah oui, parce que si les cadeaux fonctionnent entre musulmans, ils fonctionnent aussi avec les proches non-musulmans pour préserver les liens naturels que Dieu a voulus. :) Lors de ma conversion, une soeur m'avait conseillé d'adresser souvent de menus présents à mes parents, pour leur manifester mon affection et leur montrer que ce virage n'avait pas détruit nos attaches - au contraire. Ma foi, je trouve ce conseil plein de bon sens.

Enfin, sur une nuance moins fraternelle et moins amicale, j'ai aussi appris à me méfier des cadeaux avec un sous-entendu de réciprocité. C'est-à-dire quand un cadeau masque une transaction : l'auteur rappellera ce qu'il a offert quand il voudra obtenir quelque chose du bénéficiaire. Si c'est une transaction sous-jacente, alors ce n'est pas un renoncement aux biens de ce monde ; c'est un instrument sur autrui.