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Afficher la version complète : Quelle compatibilité rechercher avant le mariage ?



Oumm Ayyoub
31/10/2010, 21h02
As-salamu alaykum

Je me pose beaucoup de questions ces derniers temps au sujet de la compatibilité entre époux. Partager la même religion suffit-il à s'assurer une entente et une certaine complicité dans le couple ? N'y a t-il pas d'autres points qui peuvent grandement influencer la qualité de la relation entre les époux ?

A voir le nombre de divorces au sein de notre communauté, je me dis que ça vient peut-être de ça.

J'apprécie la qualité des interventions sur ce forum, j'espère que vous pourrez enrichir cette discussion incha Allah :)

Baraka-Llâhu fikum

Abu_Ayoub
02/11/2010, 10h38
Assalamu Alaykom

Au delà de la religion, il faut vérifier qu'on parle bien de la même. Un des points importants reste d'avoir un objectif commun, un même mode de vie souhaité.
wAllahu a'lam

Hârith
03/11/2010, 09h38
Assalamu Alaykom

Au delà de la religion, il faut vérifier qu'on parle bien de la même. Un des points importants reste d'avoir un objectif commun, un même mode de vie souhaité.
wAllahu a'lam


Bâraka Llâhu fîk pour cette précision akhî.
En effet, il faut aller au delà des apparences et bien vérifier si c'est effectivement de la même religion dont on parle. Ca ne veut pas dire que les apparences ne sont pas importantes. Ca signifie plutot que l'apparence ne suffit pas.

Je vais me permettre d'aborder la chose par l'aspect "socio-juridique". Il a dans le fiqh, une notion importante qui est la kafa'a. Cette notion a souvent été oublié voire mal comprise. On la réduit souvent une sorte de "racisme". Il est aussi vrai que certains utilisent cette notion pour justifier leur "racisme" mais ça n'enleve rien à la justesse et la sagesse de la kafa'a.
Pour revenir à "al-kafa'a", c'est un principe de proximité, d'équivalence (entre les deux prétendants) que ce soit sur le plan religieux, social, intellectuel, des coutumes ou de la richesse. Il est préférable que les gens soient de même niveau.
On limite ainsi les interférences et l'incompréhension. En effet, si les opposés peuvent s'attirer, il n'est pas dit qu'ils puissent cohabiter or un des buts du mariage est la cohabitation et en particulier la cohabitation sereine (on pourra sur ce point faire un rapprochement entre les termes arabes relatifs à la sérénité et l'habitation).
Je pense donc qu'il y a effectivement d'autres parametres à prendre en compte que la religion.


Ensuite, pour la majorité des divorces dans notre communauté en France, je pense qu'ils sont du à un manque de maturité. Il y a ceux qui ont des corps d'adultes mais des cerveaux d'enfants. Il y a aussi les hommes qui ne sont plus vraiment des hommes et les femmes qui ne sont plus des femmes. Sûrement l'influence de la société (sans pudeur et sans Hisba) wa Llâhu a`lam.

Nina
03/11/2010, 19h09
Salamalikoum,
Non, ça ne suffit pas de partager la même religion afin d’assurer une entente et une certaine complicité dans le couple. En réalité, c’est plus qu’évident car les caractères sont différents et on ne peut pas mettre ensemble n’importe qui.
Je crois qu’il y a une confusion totale entre la culture et la religion. Autant, nos parents pensent que de se marier avec son cousin est une garantie de bonheur, autant quand on se met à pratiquer, on fait la même chose que nos parents : prendre une personne de la même religion suffirait.
Mais le problème c’est que le modèle de nos parents était beaucoup plus élaboré car il tient sur un équilibre familial où l’homme en l’occurrence est soutenu pour construire une nouvelle famille sous l’égide de sa famille. Alors que pour nous, il n’y a pas tout le soutien autour qui permet d’équilibrer les forces pour permettre un couple épanoui. Pour nos parents, ça marchait quand bien même le couple ne s’entendait pas particulièrement mais il cohabitait.
Malheureusement pour nous, on est dans la nature et beaucoup de personnes profitent de cela, combien de frères et de sœurs veulent se marier sans l’accord de leur parent ? Combien sont ceux qui ne respectent rien et se permettent tout au nom de l’islam comme si ils avaient tout compris ?
Enfin, la dernière chose qui me semble aussi primordiale c’est l’éducation des enfants et particulièrement des garçons, je parle surtout de ceux issus de l’immigration ; ils ont toujours droits à tout, on leur a transmis des valeurs contraire à tout éthique, ils ne sont pas responsabilisés donc même adultes, ils ne tiennent pas la route.
Je crois que c’est cette influence qui est plus importante plus que celle de la société, je suis absolument contre le discours : on est dans une société dépravée, c’est pour ça qu’on n’est pas sérieux…surtout quand on voit des non-musulmans tout à fait équilibrés, qui se marient, qui éduquent des enfants et gardent des valeurs.
Ce qui manque cruellement dans la communauté, ce sont les valeurs, l’éthique, la morale au-delà même du fait religieux.
Pour finir, c’est quand même assez subjectif, c’est à toi de voir ce qui est important pour toi, comme on te l’a dit le plus important c’est la vision des choses, le même objectif, le même projet de vie. Il faut aussi avoir les mêmes valeurs, principes, ce qui est très difficile à trouver.
Salamalikoum.

Oumm Ayyoub
03/11/2010, 20h23
Je vais me permettre d'aborder la chose par l'aspect "socio-juridique". Il a dans le fiqh, une notion importante qui est la kafa'a. Cette notion a souvent été oublié voire mal comprise. On la réduit souvent une sorte de "racisme". Il est aussi vrai que certains utilisent cette notion pour justifier leur "racisme" mais ça n'enleve rien à la justesse et la sagesse de la kafa'a.
Pour revenir à "al-kafa'a", c'est un principe de proximité, d'équivalence (entre les deux prétendants) que ce soit sur le plan religieux, social, intellectuel, des coutumes ou de la richesse. Il est préférable que les gens soient de même niveau.
On limite ainsi les interférences et l'incompréhension. En effet, si les opposés peuvent s'attirer, il n'est pas dit qu'ils puissent cohabiter or un des buts du mariage est la cohabitation et en particulier la cohabitation sereine (on pourra sur ce point faire un rapprochement entre les termes arabes relatifs à la sérénité et l'habitation).
Je pense donc qu'il y a effectivement d'autres parametres à prendre en compte que la religion.




As-salâmu alaykum

Baraka-Llâhu fik, je ne connaissais pas cette notion de kafa'a, et c'est effectivement vers celle-ci que s'orientait ma question. Religieusement parlant, beaucoup savent ce qu'ils recherchent. Avec des questions précises et bien ciblées, on peut arriver à déterminer si la personne correspond ou pas à nos attentes (si tenté que la personne réponde sincèrement).

Ma question à moi était plutôt de savoir si cette recherche de compatibilité (sociale, intellectuelle...) était un gage de plus pour la pérennité du couple. Auriez-vous des textes à ce sujet, ou tout du moins une traduction exacte du terme [kafa'a] afin que je puisse mener des recherches plus approfondies, en français ? Baraka-Llâhu fik.

Alia'noor
04/11/2010, 14h03
Salamalikoum,
Non, ça ne suffit pas de partager la même religion afin d’assurer une entente et une certaine complicité dans le couple. En réalité, c’est plus qu’évident car les caractères sont différents et on ne peut pas mettre ensemble n’importe qui.
Je crois qu’il y a une confusion totale entre la culture et la religion. Autant, nos parents pensent que de se marier avec son cousin est une garantie de bonheur, autant quand on se met à pratiquer, on fait la même chose que nos parents : prendre une personne de la même religion suffirait.
Mais le problème c’est que le modèle de nos parents était beaucoup plus élaboré car il tient sur un équilibre familial où l’homme en l’occurrence est soutenu pour construire une nouvelle famille sous l’égide de sa famille. Alors que pour nous, il n’y a pas tout le soutien autour qui permet d’équilibrer les forces pour permettre un couple épanoui. Pour nos parents, ça marchait quand bien même le couple ne s’entendait pas particulièrement mais il cohabitait.
Malheureusement pour nous, on est dans la nature et beaucoup de personnes profitent de cela, combien de frères et de sœurs veulent se marier sans l’accord de leur parent ? Combien sont ceux qui ne respectent rien et se permettent tout au nom de l’islam comme si ils avaient tout compris ?
Enfin, la dernière chose qui me semble aussi primordiale c’est l’éducation des enfants et particulièrement des garçons, je parle surtout de ceux issus de l’immigration ; ils ont toujours droits à tout, on leur a transmis des valeurs contraire à tout éthique, ils ne sont pas responsabilisés donc même adultes, ils ne tiennent pas la route.
Je crois que c’est cette influence qui est plus importante plus que celle de la société, je suis absolument contre le discours : on est dans une société dépravée, c’est pour ça qu’on n’est pas sérieux…surtout quand on voit des non-musulmans tout à fait équilibrés, qui se marient, qui éduquent des enfants et gardent des valeurs.
Ce qui manque cruellement dans la communauté, ce sont les valeurs, l’éthique, la morale au-delà même du fait religieux.
Pour finir, c’est quand même assez subjectif, c’est à toi de voir ce qui est important pour toi, comme on te l’a dit le plus important c’est la vision des choses, le même objectif, le même projet de vie. Il faut aussi avoir les mêmes valeurs, principes, ce qui est très difficile à trouver.
Salamalikoum.

assalâm alaikum,

Bâraka-Llahu fik pour ton petit exposé Nina, en effet tu mets le doigt sur des points important : le désossement de la structure familiale ( cellule de base de la société islamique) du fait de la vie en terre non musulmane et surtout de l'absence "d'autorité" ( mulûk) qui occasionne une anarchie religieuse. Sans huddûd, plus de limites car plus d'éducation ( tarbyyah) des comportements, plus de hisbah. A défaut de prévenir ( par la da3wa, la kafa'ah, et le djihed en nefs), nous n'avons plus les moyens de guérir. Et ça crée l'hécatombe de divorces constatés dans la communauté ces dernières années.

Harith a évoqué un élément très important à mes yeux qui est la revivification ( ihyâ) de ce principe juridique, qui s'avère être un outil très efficace dans la prévention.

Chocolat
04/11/2010, 16h18
assalamou alaikoum,


N'y a t-il pas d'autres points qui peuvent grandement influencer la qualité de la relation entre les époux ?

La relation que chacun entretient avec sa famille et avec la famille du conjoint.
Moyen sûr de courir au divorce : la mésentente profonde avec la mère de l'époux ou avec le père de l'épouse.

Hârith
04/11/2010, 18h13
Je crois que c’est cette influence qui est plus importante plus que celle de la société, je suis absolument contre le discours : on est dans une société dépravée, c’est pour ça qu’on n’est pas sérieux…surtout quand on voit des non-musulmans tout à fait équilibrés, qui se marient, qui éduquent des enfants et gardent des valeurs.



Etre dans une société perverse influe plus qu'on ne le croit. Ca n'explique pas tout, loin de là mais ça explique un certain nombre de phénomenes. Des grands savants comme al Mawardi, ibn Taymiyya ou encore ibn Qayyim raHimahum Llâh ont d'ailleurs écrits sur les liens (de causes à effets) entre la gouvernance, la société et les moeurs.
Quant aux non-musulmans, il est fort probable que certaines des perversités présentes dans la société ne les dérangent pas plus que ça. Et pour leurs valeurs, si elles portent les mêmes noms que les nôtres, je ne suis pas sûr qu'elles se définissent comme les nôtres.



Ce qui manque cruellement dans la communauté, ce sont les valeurs, l’éthique, la morale au-delà même du fait religieux.

Pourrais tu préciser ma soeur ? Bâraka Llâhu fîk.

Hârith
04/11/2010, 18h17
Ma question à moi était plutôt de savoir si cette recherche de compatibilité (sociale, intellectuelle...) était un gage de plus pour la pérennité du couple. Auriez-vous des textes à ce sujet, ou tout du moins une traduction exacte du terme [kafa'a] afin que je puisse mener des recherches plus approfondies, en français ? Baraka-Llâhu fik.

En français, je ne connais pas ma soeur
Cependant, si tu me laisses du temps, je pourrais essayer de faire une synthèse sur ce point in shâ'a Llâh.

Reverentia
11/11/2010, 09h05
Salamou alaykoum,

"Se marier jeune pour se préserver" , avec ce recul que j ai aujourd hui, je me demande si c est applicable a tous le monde, surtout en occident...

A un moment ou rares sont ceux d entres nous qui , sortis de l adolescence, ont eu le temps de mûrir leur identité religieuse, ou pire, viennent à peine de s éveiller à la foi... Et se marient dans ces conditions... Comment voulez-vous faire un choix intelligent sur cette base fragile , en pleine évolution ?

Malik_1985
01/09/2011, 20h56
En français, je ne connais pas ma soeur
Cependant, si tu me laisses du temps, je pourrais essayer de faire une synthèse sur ce point in shâ'a Llâh.



Puisse Allah vous permettre de nous expliquer ce que représente le "kafa`a" :)